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Fertilience

Fondamentaux, fiche pédagogique

Les hormones clés

Sept marqueurs, un puzzle : ce que ton bilan raconte vraiment.

Une fiche pour apprendre à lire ton bilan sans t'accrocher à un chiffre isolé.

À retenir en 10 secondes

Un taux isolé ne dit jamais tout. Le contexte clinique et le moment du cycle comptent autant que le chiffre.

Une chaîne de commande

L'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien

Avant de parler d'une hormone isolée, comprendre qui parle à qui. L'hypothalamus sécrète la GnRH par pulses, ce qui stimule l'hypophyse à libérer FSH et LH, qui à leur tour agissent sur les ovaires. Les ovaires produisent œstradiol puis progestérone, qui renvoient un signal au cerveau (rétrocontrôle). Un chiffre isolé sur une prise de sang n'est jamais interprétable seul : il dépend du jour du cycle, du contexte clinique et des autres marqueurs.

Sept marqueurs à connaître

Chaque hormone raconte quelque chose, aucune ne raconte tout

Œstradiol (E2)

Prépare l'endomètre et la glaire, déclenche indirectement le pic de LH.

Quand la doser

Classiquement à J2-J4 (avec la FSH), parfois en cours de stimulation en PMA.

Bas

Aménorrhée hypothalamique possible (perte de poids, sport intense, stress), avec règles absentes.

Élevé

Un E2 supérieur à environ 60-80 pg/mL à J3 peut masquer une FSH normale et suggérer une réserve qui s'épuise.

Progestérone

Sécrétée par le corps jaune après ovulation, prépare l'implantation, fait légèrement monter la température.

Quand la doser

En milieu de phase lutéale, environ 7 jours après l'ovulation présumée (vers J21 pour un cycle de 28 jours).

Bas

En dessous de 10 ng/mL (30 nmol/L), ovulation douteuse ou phase lutéale insuffisante à recontextualiser.

Élevé

Confirme qu'une ovulation a eu lieu. Sécrétion pulsatile, deux dosages proches peuvent varier du simple au double.

FSH

Recrute et fait grandir les follicules ; baromètre de l'effort ovarien.

Quand la doser

Dosage dit à J3 (J2 à J4 du cycle), toujours interprétée avec l'œstradiol du même jour.

Bas

FSH basse avec cycles absents oriente vers un problème central (hypothalamus, hypophyse).

Élevé

Au-delà de 10 UI/L, réserve fonctionnelle diminuée. Franchement pathologique au-delà de 15-20 UI/L.

LH

Niveau de base en phase folliculaire, puis pic brutal qui déclenche l'ovulation 24 à 36 h plus tard.

Quand la doser

Bilan de J3 pour le rapport LH/FSH. Pic détectable sur test urinaire en fin d'après-midi.

Bas

LH basse avec E2 bas et cycles absents évoque une aménorrhée hypothalamique.

Élevé

Rapport LH/FSH supérieur à 2 : un des critères évocateurs de SMOP (ex SOPK), sans être suffisant seul (Rotterdam révisés ESHRE/ASRM).

AMH

Sécrétée par les petits follicules antraux ; marqueur le plus stable de la réserve quantitative.

Quand la doser

N'importe quel jour du cycle, sous ou sans pilule (légère baisse sous contraception hormonale).

Bas

Sous 1,0 ng/mL, basse. Sous 0,5, très basse. Ne prédit pas la probabilité de grossesse spontanée.

Élevé

Au-delà de 3,5 ng/mL, souvent en contexte de SMOP. Les valeurs varient selon les kits : rester sur le même labo.

TSH (thyroïde)

La thyroïde influence toute la chaîne reproductive. Cycles, ovulation, risque de fausse couche.

Quand la doser

À demander en cas de cycles perturbés, fatigue persistante, antécédents thyroïdiens familiaux.

Bas

Hyperthyroïdie : cycles raccourcis, hyperfertilité apparente, complications à explorer.

Élevé

Hypothyroïdie : cycles allongés, anovulation, sur-risque de fausse couche. Viser TSH < 2,5 mUI/L en projet parental (ATA, Endocrine Society).

Prolactine

Physiologiquement élevée en grossesse et allaitement (bloque alors l'ovulation).

Quand la doser

Prélèvement au calme, en fin de matinée. À confirmer sur un second dosage si élevé.

Bas

Rarement pertinente cliniquement.

Élevé

Hyperprolactinémie : cycles longs ou absents, écoulement mammaire, baisse de libido. Causes : stress, médicaments, hypothyroïdie, micro-adénome.

Ce que ces marqueurs ne disent pas

Les limites d'un bilan hormonal

  • Aucune hormone ne mesure la qualité ovocytaire (surtout liée à l'âge biologique).
  • Aucune ne prédit à elle seule une grossesse spontanée.
  • Un bilan hormonal ne remplace ni un examen des trompes, ni un spermogramme, ni une échographie pelvienne.
  • Les valeurs varient d'un cycle à l'autre, d'un labo à l'autre, selon le stress et la technique de dosage.
  • Un chiffre isolé s'interprète toujours en fonction du jour du cycle et du contexte clinique.

Mythe ou réalité

« Mon AMH est basse, je ne pourrai pas avoir d'enfant »

Mythe

« Une AMH basse condamne mes chances de grossesse spontanée. »

Réalité

L'AMH mesure un stock, pas une probabilité de grossesse.

Les recommandations ESHRE et ASRM déconseillent d'utiliser l'AMH pour prédire la fertilité naturelle. Elle sert à personnaliser un protocole de PMA, pas à prononcer un verdict.

À retenir

Trois idées à garder en tête

Un bilan hormonal se lit avec le jour du cycle et le contexte clinique, jamais chiffre par chiffre.

L'AMH mesure un stock, pas une qualité, ni une probabilité de grossesse naturelle.

Comparer deux bilans n'a de sens que dans le même laboratoire, avec les mêmes kits.

Consensus scientifique

L'interprétation d'un bilan hormonal repose sur un faisceau de marqueurs, pas sur un chiffre isolé. L'AMH ne prédit pas la fertilité naturelle.

Références : ESHRE Guideline Ovarian Stimulation 2019 · ASRM Committee Opinion on AMH · Critères de Rotterdam révisés ESHRE/ASRM · American Thyroid Association · Endocrine Society

FAQ

Questions fréquentes sur les hormones

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